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Archive for the ‘Uncategorized’ Category

« You can add up the parts
but you won’t have the sum
You can strike up the march,
there is no drum
Every heart, every heart
to love will come
but like a refugee »

Anthem – Leonard Cohen

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Si vous me suivez, vous savez que ce blog est (aussi) une tentative de faire la paix avec une histoire qui a commencé avec la guerre. Avec mes baguettes, j’ai retourné les fragments de ma mémoire qui restaient blessés par l’Histoire et petit à petit je les ai guéris. Alors je suis venue ici chercher mes mots, comme une forme d’auto-médication, pour retrouver la lumière que j’avais su trouver un jour.

Puis j’ai vu que vous avez été nombreux à visiter le blog depuis vendredi, bien plus que je ne le mérite (mais c’est un autre sujet). Et ça m’a fait si chaud au coeur, je ne sais pas… je me suis dit qu’on était peut-être plusieurs à aller chercher un peu de réconfort par ici. Quelle que soit la raison de votre visite récente sur ce blog, je vous remercie du fond du coeur, vous m’avez donné la force (d’essayer) de l’ interroger mon coeur.

Je reçois des infos d’ici et d’ailleurs, j’écoute des experts en terrorisme / guerre/défense / humanisme / geopolitique / traumatisme, je regarde les mêmes vidéos violentes ou tendres que vous, les mêmes témoignages de rescapés, les mêmes hashtags , j’écoute beaucoup et parle très peu, réfléchis beaucoup et dors très peu…

Je me sens prise entre l’enclume et le marteau et j’ai le coeur trop lourd pour avoir le courage de le disséquer en petits mots.

J’ai l’impression que nous nous sommes perdus en chemin et que la nuit est en train de tomber.

Je me dis juste qu’il nous faut de la lumière pour aller jusqu’à demain.

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❤ ❤ ❤

 

Linh

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…peut créer un tsunami de belles émotions à l’autre bout de la ville.

Dans un jardin au Vietnam

Dans un jardin au Vietnam

J’ai eu l’insigne honneur d’assister à la projection du court métrage « Feuilles de printemps » réalisé par Stéphane Ly-Cuong (Merci Stéphane!), qui est aussi à l’origine de la comédie musicale Cabaret Jaune Citron et de l’actuelle adaptation de « 24h de la vie d’une femme » au théâtre de la Bruyère.

« Feuilles de printemps » relate la rencontre entre une personne âgée et son nouvel auxiliaire de vie sociale. Ce dernier, en cherchant à la connaître et la comprendre, va faire éclore des souvenirs enfouis et des confessions que seul un étranger qui veut bien écouter peut parfois recueillir. La caméra nous fait entrer dans l’univers privé de Madame Pham (interprétée avec brio par Mme Bich Ly Cuong, la mère de Stéphane). La caméra dévoile des pans de son quotidien, de son décor, de ses pensées. Et l’on découvre une femme qui chérit son passé, vit le présent parfois avec appréhension, et dont la visite de ses enfants illumine le futur. On y découvre aussi une femme frêle, drôle, tendre autant que déterminée et présente.

L’héroïne et sa famille ont immigré en France dans les années 60. On découvre la vie qu’elle y a menée, et on entrevoit celle qu’elle a laissée.

Elle a rappellé à ma mémoire les femmes qui m’ont entourée dans mon enfance, qui avaient un avis sur tout, et qui savaient longuement commenter les moindres détails. Et qui dans le flot de leurs paroles souvent drôles et toujours sensées, me ramenaient à un avant et un ailleurs qui demeureraient leurs. La taille des oignons, le poids des pamplemousses, la couleur des feuilles de choux, mais aussi la tige des herbes, le temps qu’il fait et le jour de l’année étaient autant d’occasions pour elles de distiller leur convictions / certitudes, ou bon sens / croyances. Puis de ponctuer « Mais ici les gens, ils ne savent pas tout ça » (…).

Stéphane rend un hommage tendre et esthétique à la lignée, à ceux que nous aimons, qu’ils soient encore près de nous ou plus. Il rend aussi un bel hommage à la nostalgie que l’on garde de la personne que nous avons été, qui nous ressemble mais que nous ne sommes plus.

En sortant de la projection de « Feuille de printemps », je me suis dit que pour aimer son présent, il fallait aussi aimer son passé, avec ses creux et ses bosses. Car les feuilles renaissent toujours au printemps!

J’ai aussi eu la chance de rencontrer Mme Bich Ly Cuong. Sa gentillesse, sa délicatesse et sa présence ont été l’espace de quelques minutes un baume de bonheur. Comme les feuilles qui renaissent au printemps.

Je remercie Stéphane, de m’autoriser à partager son beau court-métrage sur le blog: http://www.semainehlm.fr/videos/2015/juin/feuilles-de-printemps-de-stephane-ly-cuong-laureat-hlm-sur-court-2015

Et vous, qu’en pensez-vous?

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J’avais commencé à vous écrire un long message pour vous dire tout le bien que je vous souhaite pour 2015. J’y parlais de liberté, de nouveauté, de capacité de renouvellement, d’ouverture vers de grands horizons et aussi d’amour et de bonne chère. J’avais envie de partager avec vous mes dernières aventures. Des liens que je commence à tisser entre mon métier, l’écriture et la cuisine.

Puis ce matin du 7/1.

Je n’ai plus le coeur à essayer d’écrire des mots qui me paraissent si dérisoires devant le pas que la barbarie vient de faire à nos portes. Je me sens glacée, comme je le suis dans la vie devant toutes les personnes qui essaient d’imposer par le chantage, l’invective ou la pression leur point de vue sur le monde, sur ce que nous devrions être ou penser, comment nous devrions agir ou dire et prennent notre capacité à être libres pour une inadaptation aux prisons qu’ils ont créées pour eux-mêmes.

Alors j’ai envie de partager avec vous une histoire. Elle n’est pas joyeuse, vous pouvez vous arrêter ici et je vous souhaite une belle année en vous disant à bientôt. Pour les autres, ces quelques lignes…

La soirée de la veille avait été arrosée, la nuit courte, la journée longue et chaude et j’avais RV. J’étais alors une jeune étudiante en stage dans une banque et j’étais attendue ce soir-là pour un dîner aux chandelles. Je rentrais me doucher, me changer avant de ressortir. Ma vie était belle, c’était normal. Un attroupement s’est formé devant ma rame habituelle. La fatigue aidant, j’ai renoncé à mon habitude et me suis assise deux rames plus loin. C’était à Châtelet les Halles. J’étais tranquillement installée dans la rame de RER, accoudée à la vitre, le menton dans la main gauche, « Le principe d’incertitude » de Michel Rio dans la main droite. Nous étions aux alentours de 17h. En arrivant à la station Saint-Michel, j’ai été éjectée de mon siège, et suis retombée, le menton dans la main gauche, « Le principe d’incertitude » de Michel Rio dans la main droite. Mes dents venaient de s’entrechoquer avec une violence anormale. Provoquant une douleur inconnue. Machinalement, je me suis levée et les portes ont mis une éternité à s’ouvrir. Nous étions en 1995. J’ai avancé sans comprendre au milieu de hurlements, dans une fumée noire à couper au couteau et une odeur âcre de plastique brûlé. C’était un 25 juillet.

Puis je me suis mise à courir comme si ma vie en dépendait, je revoyais ces images de 1975 au Vietnam, de « la fille sur la photo », et je continuais d’entendre les hurlements derrière moi. Mon coeur me suivait à peine, je me disais « cours, tout va sauter ».

J’ai fait surface sur le parvis de Notre-Dame devant l’Hotel-Dieu, pas très sûre d’être entière, ni d’être en vie. J’ai marché le long de la Seine. En quelques minutes, hélicoptères, chaînes de télé, humains déchiquetés et ambulances sont devenus le paysage. J’ai pensé à ces parents, conjoints, amis, enfants attendus chez eux qui ne rentreraient pas ce soir là. Le Quai des Orfèvres m’informera 48h plus tard qu’une bonbonne de gaz emplie de vis et d’écrous venait d’exploser dans ma rame habituelle. La violence de la guerre a fait irruption dans mon monde alors feutré d’étudiante.

Ce 7 janvier, la plaie s’est réouverte. La violence de la guerre a fait irruption dans mon coeur de femme libre. La déflagration a laissé des éclats de colère, de peur, mais surtout de tristesse et de désarroi. Je me sens vulnérable mais surtout vivante.

#jesuischarlie

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » Discours de la servitude volontaire – E. de La Boetie.

Je nous souhaite en cette nouvelle année, de rester debout. Et libres.

Je vous embrasse,

Linh

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Je vous souhaite une année d’aventures heureuses et folles, si folles qu’elles vous re-déposent ébahis au prochain nouvel an.

Je souhaite que cette année vous apporte souvent l’occasion de vous dire que la vie est belle et que vous avez de la chance.

Je vous souhaite un peu de magie, l’incursion de belles surprises qu’il faut juste accepter sans chercher à les comprendre parce que parfois, c’est bon comme ça vient.

Cette année s’annonce un peu particulière. A vous qui me faites l’honneur de me suivre depuis quelques années, il ne vous aura pas échappé ma relative absence, les mots qui se font plus rares, les recettes qui désertent le blog. Non que l’envie de partager mon histoire et mes recettes m’ait quittée, bien loin de là. C’est juste qu’elle s’est matérialisée sous une autre forme que j’ai grand-hâte de vous dévoiler et de partager avec vous!

Le houx est encore suspendu dans l’entrée de mon salon, je vous embrasse et je fais le voeu d’une année 2014 remplie d’amour.

Allez encore un peu de magie…

Merci pour votre présence et à très bientôt!

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Hier, j’ai enterré 2012.  J’ai pris toutes les précautions qui m’ont paru convenir : j’ai attendu minuit et douze minutes, j’ai listé les 12 pires moments de l’année, j’ai bu 12 coupes de champagnes pour fêter leur fin, j’ai balancé les 12 coupes par-dessus la balustrade, j’ai envoyé 12 sms et j’ai décidé que c’en était fini pour ce chiffre si rond qui s’est révélé si contondant. Je ne réfute pas avoir contribué en partie à ce phénomène paradoxal me concernant mais c’est un paradoxe qui n’a pas concerné que moi.

2012 a été une année d’une pesanteur et d’une longueur qui m’ont semblé aussi indigestes qu’un mauvais cassoulet dégusté au mauvais moment avec les mauvaises personnes. Voire au mauvais endroit. Lourd, et dévitalisant. Mais l’assiette est vide. Enfin.

« Je me réveillais ce matin avec la sensation d’avoir oublié le monde, le temps qui passe et le malheur d’exister. Après quelques temps dans les eaux troubles du désespoir, le commencement n’en est que plus beau » (auteur semi-inconnu).

Chaque geste d’aujourd’hui m’a semblé préfigurer l’année à venir. Le premier d’entre eux a été de savoir ce que j’allais faire mijoter sur mes platines pour ce 1er jour d’une année que je vous souhaite d’ores et déjà fidèle à l’idée que vous vous faîtes d’une bonne année.

Puisque 2012 m’a (pardon du peu) gonflée sans me nourrir, je décide de renverser le paradoxe et décide que 2013 sera une année légère et riche. Comme des blancs savamment montés en neige, comme « l’éloge de l’ombre » de Junichiro Tanizaki, comme le pho qui mijote en ce moment dans ma cuisine.

C’est un plat riche en tous points : il allie harmonieusement les textures liquides, fondantes, craquantes, solides et vaporeuses. Il équilibre une palette de saveurs qui va des épices douces aux herbes astringentes sans qu’on n’y trouve de fausse note ou de note dominante. Il réchauffe, rassasie, réjouit, soigne, rafraîchit et apaise.

Mais il est léger en tous points : facile à faire, à l’équation économique aérienne, dénué d’ingrédients allergènes (du genre, gluten, lactose, noix…), au rapport calories / volume marginal…

Je vous encourage à en déguster, en partager, en découvrir et en cuisiner aussi souvent que vous le pourrez. Il contribuera à rendre 2013 riche et léger.

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Bonne année à tous et encore un milliard de mercis pour vos si nombreuses visites sur ce blog, je vous donne à nouveau RV en 2013!

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Un 28 juillet c’est une très bonne date pour un bilan de mi-parcours, juste avant de partir en vacances….

En effet, je semble loin d’être seule à juger que 2012 est une année un peu « trop » : forte, pleine d’imprévus, mystifiante parfois, effrayante aussi, semée d’épreuves et/ou d’opportunités jusqu’alors improbables et complexes à gérer.

A qui la faute? : au Dragon, au karma, au temps, à la zone Euro, à l’air, aux autres et parfois à soi. La superbe et la flamboyance que le dragon est supposé apporter lors de son passage ont encore 6 mois pour se manifester. « Monsieur Dragon est attendu par plein de gens au milieu du labyrinthe … »

Je suis entourée de traditionnelles « vieilles tantes » qui versent chacune tour à tour dans leur lecture des étoiles. C’est une tradition sacrée au Vietnam de déchiffrer les étoiles en chaque début d’année. Ma grand-mère me lisait ses prédictions à chaque nouvel an vietnamien : tu auras ton bac/ton concours, tu vas trouver le job / l’homme / l’appart de tes rêves / tu auras des enfants. J’adorais son air convaincu et sérieux, comme si plus elle regardait au fond de mes yeux et plus les étoiles allaient s’accrocher à moi. D’ailleurs, elle a eu raison l’année du bac.

Mes tantes donc, sont rarement d’accord et moi rarement en accord avec elles même si j’aimerais qu’elles aient raison (« tu vas faire fortune / retrouver  tes papiers / écrire un livre / planter un arbre…. ») mais elles se rejoignent sur ce point : « l’année du dragon est une année éprouvante et le dragon d’eau peut et va parfois ébranler nos certitudes. Nous pourrions en sortir transformés, comme poussés sur un autre rivage par une vague plus forte que nous »…

Et pour une fois, je suis d’accord avec elles, car 2012 a jusque là parfois ressemblé à ça :

Ruelles de Saïgon – 15h15

Pas très ordonné tout cela. Lumineux mais cacophonique. La raison se fait passer pour folie et inversement, la notion du bien joue dangereusement sur la ligne, certains objets auxquels on croyait tant tenir sont partis vivre désormais chez d’autres que soi, le dessus est dessous, l’essentiel s’est caché dans le creux d’une spirale qui nous emporte, les portes s’ouvrent pour révéler des murs, et les concepts de valeur et d’utilité sont passés à la révision. Et la confusion semble cacher la promesse d’une confusion encore plus grande.

Mais, « this too shall pass »…

Je discutais récemment avec une personne qui proposait dans les moments difficiles de se dire : « mais c’est génial!!!!!! »

Et d’expliquer  : « S’il n’y a pas de probabilité pour un autre possible, alors il faut se dire que c’est génial parce qu’on n’a plus le choix. Et si ça ne l’est pas encore, le faire devenir! »

Silence gêné….

« oui, c’est sûr »….

Re-silence gêné….

Et dans la voiture, à la radio, cette phrase : « Chaque blessure porte en elle un trésor qui nous sera révélé en temps voulu ».

Avant que le temps veuille bien vouloir, on peut toujours faire comme William quand « il a encore perdu son amour vous savez »  :

 » J’ai gardé dans mon carnet à spirale
Tout mon bonheur en lettres capitales
A l’encre bleue aux vertus sympathiques
Sous des collages à la gomme arabique »

Et à un moment, le moteur va redémarrer….(je vous assure je l’ai vu redémarrer!!)

Ruelles de Saigon – 15h16

Je vous souhaite un été aussi vibrant que les chemins de Toscane en Vespa, et aussi ressourçant que les bras du Mékong en bateau.

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Crédit photo : P. Wong-Lemasson

Je n’ai pas assez de mots pour vous dire le plaisir que j’ai eu à vous voir vendredi chez Bulma et par-dessus tout j’espère que vous et vos amis/amours/collègues avez apprécié le moment, le concept, votre déjeuner et la cuisine que je vous ai proposée…

Votre présence et vos mots d’encouragement ont sincèrement illuminé ma journée et m’encouragent à continuer dans cette direction. Merci un milliard de fois…
Comme disait ma grand-mère avec grande satisfaction lorsque nous finissions ses plats : « j’ai tout vendu ».
Et surtout un milliard de mercis à Frederik pour son audace et sa générosité, ainsi qu’à Audrey et Rosa de Bulma. J’ai été bluffée par l’énergie, l’enthousiasme, l’efficacité, la bonne humeur et la créativité qui règnent dans ce joli lieu. Ce fut un bonheur de passer ce moment à vos côtés…
Encore merci, et à très bientôt!
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